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Botanique :

 

Classification du Chanvre :

Règne : Végétal

 Embranchement : Spermaphytes (plantes à graines)

  Sous embranchement : Angiospermes (plantes à ovules protégés par des ovaires)

   Classe : Eudicotylédones (dicotylédones = plantes possédant un embryon à 2 cotylédons)

    Classe : Eudicotylédones supérieures

     Classe : Rosidées

      Sous-classe : Eurosidées I      

       Ordre : Rosales

        Famille : Cannabacées

         Genre : Cannabis

          Espèce : Cannabis sativa L.

 

A noter que la famille des Cannabacées ne regroupe que 2 genres : Cannabis et Humulus (ex : Humulus lupulus L., Houblon grimpant)

 

 

Biologie de la reproduction :

Le Chanvre (Cannabis sativa L.) est essentiellement dioïque, fleurs femelles et mâles sur des pieds séparés, (cela concerne 13% du règne végétal), à pollinisation anémophile (par le vent), favorisant le brassage génétique et l’aptitude à s’adapter à son environnement. Mais il peut être parfois monoïque, fleurs femelles et mâles sur le même pied mais séparées dans l’espace.

 

Quelques exemples d’espèces dioïques : Humulus lupulus L. (Houblon grimpant), Ginkgo biloba L., Ilex aquifolium L. (Houx commun), Uritca dioica L. (Grande ortie), Lychnis dioica L. (Compagnon rouge), Actinidia Chinensis (Espèce de kiwi), …

 

 

Anatomie :

Appareil végétatif :

Le Chanvre est une plante annuelle à tige dressée et cannelée pouvant atteindre de 1 à 4 mètres de haut suivant la variété, la date de semis, la latitude, le climat, …

Les feuilles sont stipulées, palmatiséquées, elles sont d’abord opposées à la base de l’appareil végétatif, puis deviennent alternes.

Solidement ancré grâce à son système racinaire à la fois pivotant et fasciculé, cela lui confère également une forte aptitude à la mobilisation de l’eau et des nutriments dont il a besoin. 

 

Appareil reproducteur :

Mâle :

La fleur mâle se résume à un calice composé de 5 sépales libres (blancs à verts), l’absence de corolle (ensemble des pétales) et la présence de 5 étamines à filets.

Les fleurs mâles sont réunies en panicule et éclosent orientées vers le bas.

 

Femelle :

La fleur femelle, plutôt atypique, se caractérise par un calice urcéolé monosépale (jaune à vert), enveloppant l’ovaire, d’où jaillit 2 stigmates (ce nombre peut varier), ici aussi on note l’absence de corolle.

Les fleurs femelles sont en cymes plus ou moins compactes et munies de bractées.

 

Fruit :

Appelé communément graine, portée par les fleurs femelles, en réalité c’est un akène de forme ovoïde à longueur (2,5-3,5 mm) et diamètre (2,5-4,5 mm) variables suivant les variétés, la conduite culturale et le climat. 

 

  

 

Intérêt agronomique et environnemental :

La culture du Chanvre fait partie des têtes d’assolement très intéressantes, en effet elle favorise les gains de rendements sur céréales autant qu’une Luzerne ou un Pois.

De plus, l’inclusion d’une nouvelle dicotylédone dans la rotation permet une diversification et un allongement de la rotation jouant aussi un rôle dans la gestion des adventices et des maladies

Il agit positivement sur la structure du sol grâce à son pivot profond et fasciculé, il laisse un sol meuble pour la culture suivante. Ce système racinaire aide à rompre le cycle des maladies du sol (notamment pour les céréales d'hiver).

Le chanvre joue un rôle dans la lutte contre les adventices de par sa croissance rapide et son fort pouvoir couvrant (100% du sol). 

Il ne nécessite pas d’intrants phytosanitaires (ou exceptionnellement), est résistant à la sécheresse, il ne nécessite pas ou peu d’irrigation.

C’est également une culture piège à nitrate, l’ensemencement de surfaces en chanvre est d’ailleurs favorisé par l’agence de l’eau.

De ce fait il pallie certains problèmes actuels et futurs des agriculteurs (retrait de matières actives, restrictions d’irrigation, …).

Le chanvre peut également servir de culture de remplacement à une culture d’hiver ayant subi un accident climatique et/ou de conduite culturale.

 

Grâce à sa biomasse importante, le Chanvre fait figure d’excellent stockeur de CO2, 1 ha de Chanvre capte avant sa maturité autant de CO2 qu’1 ha de forêt, soit environ 15 t/ha de CO2 stockés.

Véritable réservoir de biodiversité, c’est un refuge pour les animaux terrestres et aériens ainsi que pour divers insectes et micro-organismes notamment grâce aux feuilles tombant au sol recréant une litière.

 

 

Tous ces atouts cumulés au fait qu’il peut être cultivé sous toute latitude (propice au règne végétal), la désigne comme une culture plus qu’intéressante pour l’agriculture biologique et le circuit court.

De nos jours, avec un modèle agricole en pleine transition vers le « consommer local », le respect de l’environnement et de la biodiversité et la nécessité de se tourner vers des ressources renouvelables, le Chanvre se voit une place toute (re)trouvée pour tendre vers ce modèle éco-responsable.